La honte à l’âge adulte : comprendre ce qui t’empêche d’avancer | Thérapie
La honte chez l’adulte pousse souvent à se donner tort et à nier ses besoins. Comprendre ce mécanisme pour s’en libérer durablement.
ESTIME DE SOI
Céline FOLLY
1/11/20264 min read
Comprendre la honte à l’âge adulte pour transformer ce qui te freine
Il y a des personnes qui ne se sentent pas particulièrement “mauvaises”.
Elles ne se détestent pas.
Elles ne pensent pas forcément être nulles.
Et pourtant…
Elles ont presque toujours l’impression d’avoir fait quelque chose de travers.
D’avoir mal réagi, trop ressenti, mal demandé, mal posé une limite.
Quand une situation se tend, elles se demandent :
« Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? »
Quand elles ressentent un besoin, une autre voix intervient aussitôt :
« Ce n’est pas si important. »
« Tu devrais pouvoir gérer. »
Cette expérience intérieure n’est pas un simple manque de confiance.
C’est très souvent l’expression d’une honte profonde, silencieuse, installée.
Une honte qui ne crie pas.
Une honte qui fait douter de sa légitimité même à exister, ressentir, demander.
Et tant qu’elle reste incomprise, cette honte empêche d’avancer, même quand on “fait tout bien”.
Qu’est-ce que la honte en psychologie (chez l’adulte) ?
La honte n’est pas une émotion comme les autres.
La peur dit : « je suis en danger »
La tristesse dit : « j’ai perdu quelque chose »
La colère dit : « une limite a été franchie »
La honte, elle, dit :
« Il y a quelque chose de fondamentalement problématique chez moi. »
En psychologie, la honte touche l’identité, pas seulement le comportement.
Ce n’est pas :
« j’ai fait quelque chose de mal »
C’est :
« je suis le problème »
Chez l’adulte, cette honte est rarement consciente.
Elle se manifeste plutôt par :
une auto-remise en question permanente
une difficulté à se sentir légitime
un besoin excessif de justification
une inhibition dans les relations
une tendance à s’excuser d’exister
Honte et culpabilité : une confusion fréquente
On confond souvent honte et culpabilité, mais elles ne fonctionnent pas de la même manière.
La culpabilité
concerne un acte
peut être réparatrice
permet de reconnaître une erreur et d’évoluer
La honte
concerne qui tu es
fige
empêche l’élan
pousse à l’effacement
Beaucoup d’adultes vivent avec de la honte sans la nommer, en croyant simplement qu’ils sont trop exigeants avec eux-mêmes, ou trop sensibles.
Quand la honte pousse à se donner tort en permanence
Chez de nombreux adultes, la honte ne se manifeste pas par une pensée explicite du type
« je suis nul·le ».
Elle agit de façon plus insidieuse.
Elle crée une posture intérieure automatique où l’on se donne presque toujours tort.
Concrètement :
tu doutes de ta perception
tu te demandes si tu n’as pas exagéré
tu minimises ce que tu ressens
tu cherches ton erreur avant même d’écouter ton besoin
tu prends la responsabilité émotionnelle de situations qui ne t’appartiennent pas
Même quand tu poses une limite juste, une gêne apparaît :
« Est-ce que je n’ai pas été trop dur·e ? »
La honte empêche de légitimer ses besoins
L’un des effets les plus profonds de la honte à l’âge adulte est qu’elle déconnecte des besoins.
Tu peux ressentir :
un besoin de repos
un besoin de sécurité
un besoin d’écoute
un besoin de reconnaissance
un besoin de distance
Mais presque immédiatement, une autre voix annule ce mouvement :
« Ce n’est pas si grave »
« Tu demandes trop »
« D’autres ont pire »
« Tu devrais pouvoir gérer »
La honte agit comme une censure intérieure.
Elle invalide le ressenti avant même qu’il puisse devenir une demande.
D’où vient cette honte chez l’adulte ?
La honte n’apparaît pas par hasard.
Elle se construit souvent dans des environnements où :
les émotions n’étaient pas accueillies
les besoins étaient minimisés
il fallait être fort·e, discret·e, adapté·e
la reconnaissance était conditionnelle
L’enfant apprend alors une règle implicite :
« Pour être aimé·e, je dois me contenir. »
À l’âge adulte, cette règle continue d’agir, même si le contexte a changé.
Pourquoi la honte empêche d’avancer (même quand on comprend)
Beaucoup de personnes comprennent intellectuellement leur fonctionnement.
Elles savent :
qu’elles ont le droit de ressentir
qu’elles ont le droit de poser des limites
qu’elles ne sont pas responsables de tout
Et pourtant, rien ne change vraiment.
Pourquoi ?
Parce que la honte ne se situe pas au niveau des idées.
Elle se situe au niveau du lien à soi.
On peut comprendre…
sans se sentir autorisé·e à être.
Les conséquences concrètes de la honte dans la vie quotidienne
À long terme, la honte peut générer :
une fatigue émotionnelle chronique
une difficulté à prendre des décisions
une peur de déranger
un rapport flou aux limites
des relations déséquilibrées
une impression de ne jamais être “assez”
Et souvent, un sentiment diffus :
« Je fais de mon mieux, mais je n’avance pas. »
Comment transformer la honte (et pas seulement la gérer)
Transformer la honte ne consiste pas à se répéter des affirmations positives.
Cela implique :
de reconnaître la honte sans s’y identifier
de réhabiliter progressivement ses besoins
de différencier responsabilité et auto-culpabilisation
de recréer une sécurité intérieure
C’est un travail de réconciliation, pas de correction.
Le rôle de la thérapie dans le travail sur la honte
En thérapie, la honte peut enfin être :
nommée sans être renforcée
accueillie sans être analysée à l’excès
traversée sans jugement
Le cadre thérapeutique permet de :
restaurer la légitimité du ressenti
sortir du réflexe de se donner tort
retrouver une relation plus juste à soi
Exercices simples pour commencer à desserrer la honte
1. Observer sans corriger
Quand tu te donnes tort, note simplement :
« Je remarque que je me remets en question. »
Sans chercher à changer.
2. Identifier le besoin caché
Derrière chaque honte, il y a souvent un besoin non reconnu.
Demande-toi :
« De quoi aurais-je eu besoin à ce moment-là ? »
3. Distinguer responsabilité et existence
Tu peux être responsable sans être défectueux·se.
Quand consulter ?
Tu peux envisager un accompagnement si :
tu te donnes toujours tort
tu n’arrives pas à légitimer tes besoins
tu te sens bloqué·e malgré ton travail sur toi
tu ressens une honte diffuse et persistante
Ce n’est pas un manque de volonté.
C’est un signal.
Pour aller plus loin
La honte n’est pas une faiblesse.
C’est souvent une trace relationnelle ancienne.
Si tu veux comprendre ce qui se joue et retrouver un rapport plus apaisé à toi-même, la thérapie individuelle peut offrir un espace sûr pour déposer ce qui pèse depuis longtemps.
Céline FOLLY
Thérapeute-Coach à distance ou à Lille, spécialisée en hypnose, PNL, accompagnement émotionnel, Je vous propose des séances adaptées à vos besoins.
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celinefolly.pro@gmail.com


